Et voilà, on y est ! Pour ce 24 décembre, l’équipe du journal vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année 2020 ! On le sait tous, Noël, c’est l’occasion de passer une journée avec votre famille; se poser devant un chocolat réconfortant; jouer à des jeux et retomber en enfance… Pour d’autres, c’est aussi le moment de vivre la magie des fêtes sur son écran familial ! C’est pourquoi, on vous offre 4 films qui seront des deals idéaux pour briller en ce jour saint. Alors on oublie ces derniers 360 derniers jours et on prend deux minutes pour préparer le meilleur 25 décembre de sa vie.
Le Grinch – (USA-Allemagne, 2000) de Ron Howard
La plateforme pour le suivre : Prime Vidéo
De quoi ça parle ?
Le Grinch (Jim Carrey) est une créature verdâtre monstrueuse. Il vit à l’écart d’un étrange peuple, les « chous », au curieux physique mélangeant visage humain et museau de rongeur. Le Grinch rote, pète, vocifère, capture ceux qui s’approchent trop près de son territoire, mais surtout, le Grinch déteste Noël…
Pourquoi proposer ce film avec votre famille :
La filmographie de Ron Howard est pour le moins bancale – et tel un paquet de dragées surprises, il est difficile de savoir si on va tomber sur de l’excellent (Cocoon, Apollo 13, Rush…) ou sur du regrettable (Inferno, Solo : A Star Wars story…). Une filmo-loterie, en somme. C’est ce qui fait que ce Grinch ressort encore plus du lot. Certes, le long-métrage n’est pas parfait : Jim Carrey cabotine en créature au visuel impensable (disons qu’il y a beaucoup de vert, et beaucoup de poils) ; l’aspect des « chous », peuple fictif célébrant Noël, est limite encore plus terrifiant que le Grinch lui-même (et c’est involontaire, précisons-le ; involontaire et donc de mauvais goût).
Pourtant, le film d’Howard n’a pas remporté ses galons de film culte par hasard. Et c’est en reproduisant un travail qu’aurait pu accomplir les doigts dans le nez Tim Burton que le film fonctionne : difficile en effet de ne pas penser au réalisateur de Big Fish ici, dont on retrouve la patte visuelle, avec des cadres difformes (gros plans filmés en travers et grands angles vertigineux), emprisonnant les physiques irréels de ses personnages pour mieux en saisir tous les détails (le museau des « chous », les yeux jaunes révulsés du Grinch).
On pense également ici au Edward aux mains d’argent de Burton, par les décors chimériques. Tantôt sombres et nuageux (la montagne au loin, refuge du Grinch). Tantôt ultra-colorés (les rues du village des chous, dans laquelle la caméra d’Howard se balade avec un plaisir communicatif). Le parallèle entre Le Grinch et Edward tient en outre à leur créature respective. Toutes deux rejetées pour leur différence, vivant à l’écart (et au sommet) d’un village plantée de maisons ultra kitsch, peuplées d’habitants encore plus fêlés que le « monstre » lui-même. Le personnage du Maire, entre méchanceté et hypocrisie, incarne d’ailleurs bien le véritable monstre du film.
Alors oui, Carrey cabotine, mais son amusement évident à l’écran finit par convaincre. D’autant que son attitude dissimule en creux une souffrance, bien humaine pour le coup, celle de la solitude. Seules deux petites filles (girl power avant l’âge !) sauront percevoir ses douleurs et aider le monstre à s’accepter à et à accepter les autres. La voix du narrateur (Farrugia en français, Hopkins en VO), véritable conteuse à la fois originale et poétique (chaque dialogue est en rime), finit de transformer le film en un joli conte coloré et plein de vie.
Love Actually (Royaume-Uni, 2003) de Richard Curtis
La plateforme pour le suivre : My Canal
De quoi ça parle ?
A quelques semaines de Noël, le destin de plusieurs personnages se préparant aux fêtes se croise. Même si cette année Noël semble ne pas être une fête comme les autres. Les uns souhaitent finir en Top des ventes de CD musical, les autres doivent se remettre d’un deuil, les troisièmes accepter de renoncer à l’amour qu’ils portent pour la femme de leur meilleur ami… Pas simple, tout ça !
Pourquoi se poser devant ce film avec votre meilleur pyjama :
Parce qu’il s’agit sans doute de la meilleure comédie de Noël, et de la plus culte (Love actually se retrouve à la fois sur Amazon, Netflix ou encore Canal + cette année). Les personnages y sont très attachants, avec en tête le formidable Bill Nighy. Vous avez, l’acteur britannique qui semble toujours avoir un rôle dans un film outre-manche ! -, hilarant et ultra émouvant en chanteur vieillissant recyclant ses tubes pour surfer sur un succès passé depuis longtemps. S’il semble froid comme un glaçon et véritablement peu mature sur le papier (l’acteur parle sans sourciller de « dick » et de « ass » face caméra, et finit même à poil lors d’un show improbable !), son personnage se révèle en fin de compte ultra touchant, à l’égard notamment de son producteur, vieux bourru qu’il raille autant qu’il aime et admire.
Typique de l’esprit de Noël, ce moment où l’on se rend compte que les gens avec lesquels on partage notre quotidien sont en réalité des êtres exceptionnels. Evidence que l’on semble perdre de vue le reste de l’année. Rien de mieux qu’un Nighy en forme pour nous la rappeler.
Pas le temps, hélas, d’évoquer en profondeur les autres personnages, tout aussi attendrissants et subtils. D’ailleurs particulièrement bien écrits, que ce soit l’excellent Hugh Grant en Premier Ministre britannique fou amoureux de sa secrétaire. Cliché ? et alors ? Ou encore Colin Firth, bien décidé à apprendre le portugais pour rejoindre sa dulcinée et lui déclarer sa flamme (devant la moitié du village portugais). Mais on retiendra surtout ici la performance d’Andrew Lincoln (futur Rick de The Walking Dead), qui nous fout littéralement la larme à l’œil dans cette scène culte où il déclare, à coups de pancartes écrites, son amour fou envers Keira Knightley (merveilleuse de justesse), avec laquelle il sait que rien ne pourra jamais se passer. A l’image de cette scène, ce film est une véritable invitation à l’amour et au vivre-ensemble.
Le Pôle Express (USA, 2004) de Robert Zemeckis
La plateforme pour le suivre : Netflix
De quoi ça parle ?
Un petit garçon qui doute de l’existence du Père Noël voit un immense train, le « Pôle Express », s’arrêter juste devant chez lui la veille des fêtes. Le contrôleur (Tom Hanks) l’invite à monter dans le train et à rejoindre avec lui et d’autres enfants une destination incroyable : le Pôle Nord. Le garçon grimpe à bord…
Pourquoi ce film va vous mettre la pêche (après avoir ouvert les cadeaux) :
Pour toutes les prouesses qu’il a accomplies, déjà ! Le réalisateur Robert Zemeckis, comme son ami et coproducteur Steven Spielberg, est un véritable génie touche-à-tout. Il adore repousser les limites du possible concernant le médium cinématographique. Ici, le réalisateur de la saga Retour vers le futur et du génialissime Forrest Gump (quand on vous dit qu’il touche à tout…) permettait la très nette amélioration de la technologie, aujourd’hui célèbre et incontournable, de la motion capture.
En 2004, année de sortie du Pôle Express, cette technique, révolutionnaire (qui repose sur des capteurs placés sur le visage et sur le corps d’acteurs pour retranscrire au mieux, par le biais d’ordinateurs spécialisés, leurs mouvements, leurs actions, et surtout leurs émotions), en était encore à ses balbutiements. A ce titre, Le Pôle Express est donc le premier long-métrage d’animation entièrement réalisé en motion capture (qui a par la suite ouvert la voie à sa consœur, la performance capture), ce qui offre bien entendu un réalisme incroyable à ses personnages, dont la joie, la colère, la frustration, les émotions toutes entières en fait, paraissent véritablement humaines et crédibles comme jamais.
Mais il ne s’agit pas là de l’unique performance du film. Visuellement, le long-métrage d’animation de Zemeckis est une claque. La fluidité et la générosité des couleurs glacées de l’hiver. Mais aussi les détails ahurissant que propose l’ensemble comme le parcours magique de ce billet de train doré volant à travers la nature. Ou ces flocons de neige enveloppant les cheveux des enfants. Ce sapin gigantesque à la fin illuminé comme une Tour Eiffel. Ou encore le parcours même de ce Pôle Express, train façon « bus magique » sans limites d’attraction terrestre. Ce dernier dévalant à fond la caisse des kilomètres de rails comme un wagonnet dans un parc à thèmes… LE film magique de ce Noël.
Super Noël (USA, 1994) de John Pasquin
La plateforme pour le suivre : Disney +
De quoi ça parle ?
Scott Calvin est un quarantenaire divorcé et papa d’un petit garçon qu’il délaisse au profit de son travail. Alors qu’il reçoit chez lui son fils Charlie pour les fêtes, le Père Noël glisse et tombe de leur toit. Pour faire plaisir à son fils, Scott enfile le costume du Père Noël évanoui et achève la distribution des cadeaux. Ce qu’il ignorait en revanche, c’est qu’en revêtant les habits du Père Noël, Scott allait véritablement devenir LE Père Noël…
Pourquoi voir ce film avec un bon chocolat chaud :
Parce qu’il ne faut pas oublier les films cultes ! Bien entendu, d’autres choix étaient possibles, la plateforme Disney + étant la plus prolifique concernant les films de Noël. Mais aucun de ces autres films, selon moi, n’arrivait à la cheville de ce Super Noël. Ni Maman, j’ai raté l’avion ! Il a d’ailleurs foutrement mal vieilli. Et bon sang que ce Macauley Culkin joue mal ! Ni le récent Noëlle. Le film ne s’en tire pas si mal en vrai, porté par le charme et l’extravagance solaire d’Anna Kendrick… Mais de là à le recommander… Alors, il y avait bien L’Etrange Noël de Monsieur Jack… Mais avez-vous vraiment besoin qu’on vous le recommande pour le (re)voir ?
Et puis, que dire de plus sur ce chef-d’œuvre poétique en stop motion de Tim B… euh d’Henry Selick ? Tout – ou presque – en a déjà été relevé, commenté. Et c’est bien entendu mérité, étant donné la qualité de l’œuvre en question.
Mais le but ici était de (re)découvrir un film sorti à peu près à la même période (un an après L’Etrange Noël…) et que l’on a hélas eu tendance à oublier. Et cela en dépit de ses qualités – et de de ses deux suites… Car oui, Super Noël est bien une saga de 3 films ! Au passage, si le second volet, Hyper Noël, sorti en 2002, vaut encore le coup d’œil, le 3ème opus, Super Noël 3 : Méga Givré (rien que le titre, sérieux…), apparu directement en DVD en 2006, est à éviter, tirant trop sur la corde et sur le concept de la « clause (de) Santa » (dont on notera que le jeu de mots ne fonctionne absolument pas en version française).
Pour en revenir à Super Noël premier du nom, donc, on aura certes du mal face à certains éléments que les années ont clairement endommagé : le cabotinage parfois insupportable de Tim Allen (qui a d’ailleurs complètement disparu des écrans radars… et de cinéma), humour des 90’s oblige ; l’intérêt moindre accordé aux personnages secondaires, avec une mention spéciale attribuée à Neal, le beau-père de Charlie, caricature sans vie du psy ; ou encore, les effets spéciaux, avec lesquels le temps ne s’est décidément pas montré très généreux – les scènes à bord du traîneau volant piquent un peu la rétine, c’est vrai.
Mais le film va bientôt souffler ses 30 bougies, bon sang ! Et puis, quel autre film que Super Noël parvient à imaginer un concept aussi délirant (le héros qui se métamorphose, sur tous les plans, en père Noël) pour le mener à bien jusqu’au bout ? Et ce, à la fois sans fioritures, le long-métrage nous emmenant là où il souhaite nous conduire sans détours inutiles (l’heure et demie de film file à toute allure), mais également sans se départir d’un humour savamment dosé et de son message principal – caractéristique de l’esprit de Noël, à savoir l’importance de la famille, primant sur tout.
Certes, le long-métrage de John Pasquin n’est pas le meilleur film célébrant la naissance du petit Jésus ; il n’en demeure pas moins touchant, émouvant, sachant raconter avec une justesse folle les liens parfois compliqués qui se tissent entre un père et son fils, mais aussi entre un adulte qui ne croit plus en rien – et surtout pas en la magie de Noël – et un enfant qui veut encore croire en tout. Dans Super Noël, ce n’est pas la magie de Santa Claus qui fait des étincelles : c’est celle de l’enfance, intacte, comme sauvegardée.

