Les jeux mobiles, que l’on a l’occasion d’essayer, se distinguent souvent en deux catégories : les blockbusters des grands développeurs, et les petits jeux amateurs. Mais entre ces deux « classes » se situent des créations de petits studios ayant tout du jeu à succès ! Il s’agit en l’occurrence des studios Black Panther Games qui nous gratifient d’une saga prenante au possible. J’ai nommé : Ninja Arashi ! Sur ce… BANZAÏ !
Ninja Arashi, raconte l’histoire d’un ninja nommé Arashi (fallait bien le préciser, au cas où ça ne soit pas clair). Cet homme fait partie du clan des Shamanes Royaux, ayant emprisonné Dosu, un être maléfique. Le chef des Shamanes, Orochi, qui a été corrompu par le mal, a lancé une rébellion en tuant l’ancien roi. Il allait alors offrir à Arashi une partie de son pouvoir, en échange de quoi ce dernier aiderait à contrôler les pouvoirs du diabolique Dosu. Notre héros décida plutôt de défaire Orochi, puis l’emprisonna pendant dix ans. Dix ans au bout desquels Orochi et Dosu allaient être libérés. Le premier cité parvint à s’échapper, à massacrer tout le village d’Arashi dont il kidnappa le fils. Le fier et courageux ninja se lance alors à la poursuite de son ennemi. Le tout se déroule dans un jeu de plateformes en 2D, dans une quarantaine de niveaux répartis en trois actes (forêt de bambous, plaine et montagne).
Un seul mot : superbe !
La première chose que l’on constate pour ce premier épisode, c’est que les petits gars de chez Black Panther ont mis le paquet sur les graphismes…et c’est un vrai régal pour les yeux ! Les décors sont dotés de très jolies couleurs, avec un habile mélange entre le chatoyant et le sinistre, pour garder du drama visuellement. Chaque petit détail, qu’il s’agisse des arbres, d’Arashi lui-même, ou des quelques bâtiments alentours, est soigné de telle sorte à ce que l’on soit immédiatement plongé dans l’excellente ambiance du jeu ! On peut dire de même pour les décors qui sont absolument magnifiques, collant parfaitement à l’atmosphère de l’histoire. Même les ennemis sont dotés d’un soin tout particulier. Chacun son arme, sa manière de se déplacer etc.
De plus, les concepteurs ont pris le parti de mettre le premier plan tout en noir, comme à contrejour. En plus d’être réussi, cela donne une dimension plus sombre à l’épopée du ninja. Cependant, même là où les personnages et les plateformes sont noires, pas de problème pour le sang, lui on le voit très bien !

Côté animation, c’est merveilleux : chaque action d’Arashi est fluide, les obstacles ont un mouvement parfaitement réglé, les ennemis sont très crédibles tant ils sont travaillés (et très pénibles au demeurant, mais on y viendra). Le jeu ne rencontre absolument aucun bug graphique. Les explosions, les chocs, les attaques…tout est fait aux petits oignons pour une expérience de jeu très addictive. Mention spéciale à la tornade de feu au moment où Arashi apparaît à un checkpoint… somptueux !
Une excellente jouabilité
En plus de disposer de superbes graphismes, Ninja Arashi est un jeu vraiment prenant et agréable à jouer ! Pas besoin de se tordre les doigts pour rendre votre personnage redoutable. Il suffit simplement de suivre quelques rapides tutoriels afin d’exécuter plusieurs prouesses physiques.
Arashi peut en effet exécuter quatre actions, en excluant la course à pied : le double saut, qui peut vous sauver la vie si vous tombez dans le vide par erreur ; le lancer de shurikens, conçu pour tuer vos ennemis à distance ; l’attaque tranchante, qui ne laisse absolument aucune chance à vos adversaires mais qui nécessite un temps de recharge ; et enfin, le camouflage. Vous restez incognito pendant quelques instants pour tromper la vigilances des ennemis…et même d’Orochi, boss final du jeu !

Une difficulté assez faible
Ninja Arashi regorge de bonus. Il s’agit de pièces d’or que vous pouvez récupérer dans des amphores en les brisant à coups de shurikens. Lorsque vous abattez un ennemi, celui-ci peut même lâcher quelques diamants lors de son dernier souffle. Ces bonus vous serviront à augmenter vos compétences de combat (temps de recharge du camouflage, nombre de vies, rapidité…). Mais il n’y aura pas besoin de rejouer des dizaines de fois aux mêmes niveaux pour avoir la somme suffisante à ces améliorations. Vous récupérez vos pièces d’or centaine par centaine, ce qui fait rapidement grimper votre « compte en banque ». En d’autres termes, quelques niveaux sans dépense suffiront pour pouvoir vous améliorer au max. Y compris pour changer de camouflage : il s’agit par défaut d’un tronc d’arbre, mais vous pourrez le troquer contre un camouflage de statue rutilante, rien que ça !
Côté ennemis, la plupart d’entre eux sont assez simples à terrasser (les guerriers avec un simple sabre, ceux tenant un harpon) d’autres très emmerdants (notamment ceux cachés derrière une trappe prêts à vous tirer dessus). Vous partez cependant avec un handicap : un seul coup suffit à vous tuer quand vos adversaires devront être touchés deux fois pour être vaincus (sauf en cas de coup critique, aléatoire). Les scies mécaniques, pièges tranchants et autres mauvaises surprises deviennent finalement assez simples à éviter une fois que l’on a compris leur fonctionnement.

Pour ce premier épisode, Black Panther n’a pas souhaité mettre le joueur en grande difficulté. Si bien que même tomber sur un game over n’est pas dommageable, puisque vous pouvez recommencer le niveau à loisir. Et encore, pour en arriver là, il faut vraiment être coincé, et dans ce jeu c’est rare !
La Bande son : du bonbon pour les oreilles !
Bien évidemment, l’ambiance sonore est au rendez vous ! Les musiques sont très fidèles à l’univers japonais du jeu, avec beaucoup de titres joués aux instruments traditionnels. On peut simplement regretter que ces musiques ne soient qu’au nombre de quatre sur tout le jeu, mais on ne peut absolument pas se plaindre de leur qualité ! Elles sont rythmées, teintés d’actions et collent parfaitement à l’atmosphère de Ninja Arashi !
En dehors des musiques, les bruitages sont une nouvelle réussite : les cris de douleur d’Arashi sont crédibles, à l’exception d’un drôle de « weeeuuhaaaaa » assez benêt que pousse le ninja lorsqu’il tombe dans le vide.
Les ennemis, quant à eux, ont quelques lignes de dialogue très variées. Exemples : « Enemyy ! »; « Ho-hoow ! » ; « Attaaack »…dommage que l’on ait collé des phrases en anglais plutôt qu’en japonais ceci dit. Eux aussi poussent des cris de douleur qui, même s’ils ne sont pas dignes d’Hollywood, sont tout de même réussis.
Un scénario assez discret et vague
Un petit bémol tout de même…Ninja Arashi ne brille pas par un scénario affolant à la Shingeki no Kyojin (l’Attaque des Titans en français). À moins que les créateurs et scénaristes ne souhaitent garder des révélations de dingue pour la fin, on a du mal à suivre l’histoire. Qui sont ces fameux Shamanes Royaux ? Sont-ils tous morts ou se sont-ils tapis dans l’ombre pour surprendre le boss final ? Ce manque de développement de l’histoire a beau ne pas gâcher notre plaisir de jeu, il faut bien reconnaître que le flou qui entoure les différents personnages est bien loin de créer du suspense, mais seulement des interrogations…
Idem pour les ennemis : on n’a absolument aucune idée de ce qu’ils font là…On serait tenté de croire que ce sont des soldats dévoués à Orochi ou Dosu. Mais rien ne l’indique. Ils semblent simplement marcher sur leur bout de terre bien à eux et s’énerver (avec parfois des cris de chipmunks) quand vous arrivez dans leur champ de vision. Mais c’est tout ! Et c’est bien dommage car ils pourraient jouer un rôle important dans l’intrigue.
Enfin, côté lieux, c’est là aussi très flou. On veut bien penser que le Japon est le théâtre de tout ce remue-ménage, mais quant à savoir où est-ce que c’est exactement…ne comptez-pas sur le jeu pour vous l’indiquer. On se trouve dans des forêts de bambous, dans les montagnes, dans des temples et rien n’a d’incidence sur le scénario. C’est vraiment dommage, car Ninja Arashi en aurait clairement dans le ventre pour nous offrir une trame autrement plus passionnante !

Note et bilan : 16/20
Globalement, Ninja Arashi est une petite perle parmi les jeux de plateformes sur portable. Doté de superbes graphismes, les niveaux s’enchaînent et rendent l’expérience de jeu plutôt addictive ! On peut noter au passage un système de free-to-play qui, en principe, vous fait dépenser de vrais sous…mais vous n’en aurez nullement besoin, et la qualité de cet opus pardonne largement quelques pubs pas franchement intrusives. Dommage cependant que le scénario ne soit pas plus développé car, quand on parle du Pays du Soleil Levant, il y a largement de quoi faire en termes d’histoire.
Black Panther étant un petit studio, on ne peut que saluer cette pépite qui mérite évidemment un épisode 2 ! Pour preuve, beaucoup d’autres ont tenté de copier de près ou de loin le gameplay de Ninja Arashi…rien ne l’égale et vivement la suite !

