Cet article a été rédigé grâce au travail de deux rédactrices !

Julie

Mélany
Si vous êtes nés avant 2006, vous connaissez Pluton comme la 9e planète du système solaire. Oui mais finalement non, car en 2006, on lui retire son statut. Pluton n’est finalement pas une planète, mais une planète naine. Dès les premières lignes, nous vient ainsi la nécessité de donner une définition plus précise de ce qu’est une planète.
Selon le site futura-sciences, une planète doit posséder plusieurs caractéristiques :
- être un corps céleste
- être en orbite autour du Soleil
- avoir une masse suffisante pour que sa gravité soit plus forte que les forces de cohésion du corps solide et pouvoir le maintenir en équilibre hydrostatique (étude des fluides immobiles, sous une forme sphérique.)
- avoir supprimé tout corps susceptible de se déplacer au voisinage de son orbite
Ce sont ces éléments qui ont décidé l’Union astronomique internationale de voter la destitution de l’astre. Alors si Pluton n’est plus une planète, pourquoi en parler ? Qu’est-ce qui fait l’intérêt de son étude? C’est justement par son histoire, qui fascine, que nous pouvons mieux comprendre la classification des autres corps célestes de notre système solaire. Pluton est considéré comme un astre mystérieux. Il n’a révélé ses secrets et des images nettes de sa surface qu’à partir de 2015. En outre, le système plutonien se trouve dans une zone s’étendant au-delà de Neptune, la ceinture de Kuiper, dont les objets célestes pourraient résulter de la constitution primitive de notre système solaire. Étudier cette zone, c’est tenter d’en apprendre plus sur l’évolution de notre système solaire.

1. Pluton, planète naine ?
Nous l’avons vu en introduction, on qualifie Pluton de « planète naine » et non plus de planète. Mais cela reste sans doute un concept flou, non ?
Selon le site futura-sciences, elle prend compte plusieurs détails :
- être en orbite autour du Soleil
- avoir une masse suffisante pour que sa gravité soit plus forte que les forces de cohésion du corps solide et qu’elle la maintienne en équilibre hydrostatique (étude des fluides immobiles, sous une forme sphérique.)
- n’avoir pas éliminé tout corps susceptible de se déplacer au voisinage de son orbite
- ne pas être un satellite
- être trop légère pour avoir leur place unique sur l’orbite
On a reclassifié Pluton en planète naine car des objets gravitent avec elle dans la ceinture de Kuiper. Cette zone du système solaire s’étend après l’orbite neptunienne. Elle rejoint ainsi les 4 autres planètes naines qui sont Eris, Makemake, Hauméa et Cérès.

2. les satellites de Pluton
Comme précisé au dessus, Pluton n’est pas la seule en orbite dans la ceinture de Kuiper. En effet, elle possède 5 lunes/satellites découvertes en 34 ans, de 1978 à 2012.
Il s’agit de :
- Charon découverte en 1978 par l’Observatoire Naval des États-Unis. Elle est deux fois plus petite que Pluton. Elle possède un long canyon de 1800 km qui fait presque le tour de son équateur. Son pôle nord, nommé “mordor”,possède un gouffre appelé “nostromo” et un cratère “skywalker”.
- Nix découverte en 2005 par le téléscope spatial Hubble
- Hydra découverte en 2005 par Hubble
- P4 (Kerberos) découverte en 2011 par Hubble
- P5 (Styx) découverte en 2012 par Hubble

3. Pluton : le choix d’un nom empreint de l’univers mythique des Enfers.
Diverses anecdotes contribuent à sa construction. La question du choix de Pluton n’y fait pas exception. Avec la découverte de l’astre le 18 février 1930 par l’astronome amateur Clyde Tombaugh, se fait la nécessité de trouver un nom à ce nouvel objet céleste. C’est par un tweet posté le 26 avril 2020 que la Nasa rappelle la personne à l’origine de cette idée de nom. Venetia Burney, jeune fille anglaise de 11 ans, est en effet la première à l’avoir proposé.
Le site numerama nous relate les propos de cette dernière lors d’une interview donnée par la Nasa en 2006.« Je prenais le petit-déjeuner avec ma mère et mon grand-père. Et mon grand-père a lu la grande nouvelle et a dit qu’il se demandait comment elle [ndlr : la planète] serait nommée. Et, pour une raison quelconque, après une courte pause, j’ai dit : Pourquoi ne pas l’appeler Pluton ? ». Par ses lectures, la jeune fille pensait alors au dieu des enfers Hadès, nommé Pluton dans la mythologie romaine. Pour elle, c’était le seul nom jamais utilisé. Son grand-père par son activité de bibliothécaire à l’université d’Oxford avait l’habitude d’être en contact avec des astronomes. Par son intermédiaire cette idée fut proposée et adoptée officiellement par l’institut Lowell en mai 1930.
On choisit ce nom par rapport à sa référence mythique mais également parce que ses deux premières lettres PL forment les initiales de Percival Lowell. Cela peut être vu comme un hommage à cet astronome à l’origine des premières recherches sur cet astre et initiateur de l’institut qui porte son nom.

D’autres références à la mythologie
Le monde souterrain antique a ainsi influencé également, par extension, le choix du nom des lunes de Pluton. Nous l’avons vu plus haut avec Charon, Nix et Hydra. Pour baptiser les deux autres satellites nommés provisoirement P4 et P5, l’institut SETI à l’origine de ces découvertes a laissé la possibilité aux internautes de voter pour le nom de leur choix grâce à un site dédié « Pluto Rocks! » jusqu’au 25 février 2013. C’est ainsi que depuis le 2 juillet 2013, les deux astres ont reçu officiellement le nom de Kerberos et Styx.
Plongée au cœur des Enfers :
Explorer Pluton et ses satellites c’est aussi explorer le monde souterrain propre à la mythologie Gréco-Romaine. Les planètes du système solaire empruntent effectivement leur nom à l’univers antique. Hadès (mythologie grecque), ou Pluton (mythologie romaine), règne en maître sur les Enfers. Il est assisté de Charon, chargé de faire passer l’âme des morts sur l’autre rive du Styx. Nyx est la déesse personnifiant la nuit, mère de Charon. Le satellite aurait dû porter cette orthographe mais un homonyme existait déjà pour un autre astéroïde. Le choix de l’orthographe égyptienne de la déesse de la nuit, Nix, a alors été officialisé en 2006. Kerberos/Cerbère, est le chien gardien de l’entrée des Enfers, empêchant quiconque de pouvoir s’y enfuir. Hydra est un serpent à neuf têtes, vaincu par Hercule lors de ses douze travaux.
La découverte de ce nouvel astre en 1930 a permis ainsi d’ouvrir de nouveaux horizons sur ce que nous savions de notre système solaire. Cependant, il faudra attendre 2015, soit 85 ans après sa découverte, pour qu’une sonde spatiale s’approche de Pluton pour nous en dévoiler tous les secrets.
4. A la conquête de Pluton : une planète qui livre ses secrets grâce à la mission New Horizons
Le 19 janvier 2006 marque un tournant dans l’histoire de la connaissance de Pluton. En effet, nous assistons au lancement de la sonde New Horizons. Cette sonde va parcourir les plus de 5 Milliards de kilomètres qui séparent la Terre de Pluton soit l’équivalent de 30 fois la distance Terre-Soleil.
Quel est l’enjeu de ce nouveau périple? Étudier la composition de l’atmosphère et prendre des clichés de l’astre dont nous avons une connaissance et une représentation encore approximative.
Coup de tonnerre au début de la mission New Horizons : la question du statut de planète pour Pluton.
Le 24 août 2006, alors que la mission New Horizons n’a que quelques mois, le statut de planète attribué pendant 76 ans à Pluton, est retiré par les membres de l’Union Astronomique Internationale pour lui donner le nouveau statut de “planète naine ».
Les connaissances sur Pluton avant New Horizons :
Jusqu’ici, personne n’avait de représentation fiable de Pluton. Les seules images disponibles du télescope Hubble n’ont fourni que des clichés pixélisés qui suggéraient cependant une surface variée et des zones claires pouvant être assimilées à de la glace.

Dans les années 1980, une plateforme aérienne, l’observatoire Kuiper, démontre la présence d’une atmosphère sur la surface de Pluton en analysant des perturbations sur sa surface suite à son passage devant une étoile, événement nommé “occultation stellaire”.
La mission New horizons aura aussi pour objectif d’affirmer ou d’infirmer ces observations. Elle aura besoin d’un matériel qualifié afin de pouvoir obtenir des informations et des clichés précis de Pluton.
Un équipement de pointe pour New Horizons :
La sonde dispose de 7 instruments de mesures et d’optiques permettant d’obtenir des informations précises sur la composition de la structure et de l’atmosphère de Pluton. Parmi les principaux instruments, nous pouvons citer les spectromètres Alice et Ralph, noms issus d’une série américaine des années 50 The honeymooners, ainsi que télescope LORRI, chargé de la prise des clichés de l’astre.
Neuf ans de mission avant d’atteindre Pluton :
Lors de son voyage, la sonde va passer par plusieurs étapes avant d’arriver sur Pluton. La mission peut s’arrêter à chaque instant. Cela peut être le cas si la sonde a un problème que l’équipe ne peut résoudre. Comme par exemple dans le cas de collision ou de perte de signal. La sonde se met ainsi en veille à la suite de son passage de Jupiter afin de rester opérationnelle lors de son arrivée vers Pluton. Elle est dite “en hibernation”, Afin d’accélérer son trajet, elle bénéficie de ce qu’on appelle l’assistance gravitationnelle de Jupiter. Cet effet est dû à l’attraction d’une planète sur un objet céleste. Il lui permet ici de modifier son orbite et gagner de la vitesse.
C’est à la mi-juillet 2015, environ 9 ans plus tard, que la sonde est à l’approche de la planète naine après être sortie d’hibernation. Il faut environ de 4h à 4h30 pour que les signaux transmis par la sonde arrivent sur Terre. Ils sont captés par les DSN (Deep Space Network), de gigantesques antennes.
En 2016, les astronomes ont la confirmation qu’une grande quantité d’eau est présente sur Pluton. Elle se trouve sous la forme d’un cœur de glace. Une atmosphère composée d’azote, de traces de méthane et de monoxyde de carbone l’est également. Cette dernière est constituée principalement de glace et de roche et sa température peut avoisiner en surface les -230°C.
Une fois les clichés transmis, New Horizons continue son périple au cœur de la ceinture de Kuiper pour continuer sa mission d’investigation aux confins de notre système solaire.
Si vous regardez bien Pluton vous y verrez une région en forme de coeur. Cette zone nommée « cœur de Pluton» est une région glacée d’environ 2.000 km de large. Elle a été baptisée « région Tombaugh », en référence à Clyde Tombaugh, l’astronome qui a découvert l’astre en 1930.
La tête dans les étoiles …
La prochaine fois que vous regarderez le ciel, peut-être penserez vous à cet astre lointain qui a mis plus de 85 ans à nous révéler ses secrets. Peut-être imaginerez-vous son cœur, ses régions glacées, avec le léger frisson d’imaginer les milliards de kilomètres qui vous en sépare.

