Théâtral ! Voici le mot pour qualifier 8 rue de l’Humanité, le nouveau film de l’acteur et réalisateur Dany Boon. Il s’agit de sa première collaboration avec le géant du streaming Netflix. En effet, c’est dans un décor clos (un immeuble parisien du 11e arrondissement) que sept familles ont décidé de rester enfermées. Ce film retrace une situation de confinement très récent, encore bien ancré dans nos esprits. On y retrouve des personnes avec des traits tirés à l’extrême.
1er Regard de la Presse sur le film 8 rue de l’Humanité
Pour plusieurs journaux, l’épidémie de covid-19 n’est pas suffisamment traitée et même trop survolée. En réalité, il s’avère que ce n’est pas un fait qui perturbe durant le film. L’accent a surtout été donné sur les caractères burlesques et, parfois, poussés au paroxysme. Les spectateurs ont pu retrouver des personnages types de la période pandémique.
Pourquoi un tel sentiment de déjà-vu ?
Le confinement aura posé plus d’aspects négatifs que positifs. Malgré cela, il s’avère amusant de replonger au travers de ces sept familles dans un environnant pour le moins chamboulant. Se retrouver en couple dans un 30m2 et ne chercher que la fuite, ou encore ne pouvoir sortir que pour promener son chien. Si nous disions cela à des hommes et femmes il y a seulement dix ans, qu’en penseraient-ils ? « Il faut obtenir le droit pour sortir de chez soi ? ». Absurde me direz-vous. Tout comme le pitch déjanté du long-métrage. Pour Dany Boon, l’idée est plus franchement venue avec l’annulation d’un tournage prévu été 2020 explique-t-il sur France Bleu :
« Le film n’a pas pu se tourner à cause de l’épidémie. Alors avec Laurence, on a décidé d’écrire sur le sujet plutôt que de le subir ».
Dany Boon, dans une interview pour France bleu

Une critique habile des mœurs humaines pleines de clichés
D’après moi, nous pouvons effectivement vouer à ce film une réussite sans pareil. Grâce à des caractéristiques purement excessives de chaque résident de l’immeuble, le scénario de Dany Boon et de Laurence Arné a pour vocation d’amuser tout en instruisant implicitement. Presque à la manière du grand dramaturge français du 17e siècle, Molière, le film aborde des individus que vous avez surement croisés dans les médias, dans la rue ou bien chez vos amis. D’abord, on retrouve un docteur douteux, Jean-Paul (Yvan Attal) pratiquant des expériences dans son laboratoire d’analyse, faisant fortement penser au docteur Raoult. Ensuite, nous découvrons un père de famille sans gêne, imbus de sa personne aux idées complotistes, Tony, interprété par François Damiens. Enfin, il y a le voisin hypocondriaque, totalement dépassé par les événements, mettant même sa femme hors de l’appartement de peur d’une maladie inconnue, Martin, joué par le surprenant Dany Boon.

8 rue de l’Humanité : une réalisation étiquetée « sous covid »
Absent des grands écrans et uniquement en streaming, sur la plateforme Netflix notamment. Les producteurs du 7 ème art sont déçus que ce dernier ne sorte pas en salle pendant la période du confinement dans laquelle la culture a temporairement disparu dans nos villes. L’acteur et réalisateur originaire du Nord assume son choix.
« Depuis très longtemps, Netflix veut travailler pour moi. Le film sort dans le monde entier. On peut le voir à toute heure. Il y a 30 langues de sous-titres, le même nombre en doublage. C’est quand même assez impressionnant et je trouvais que le sujet s’y prêtait. C’est vraiment un sujet international. Ça parle à tout le monde ».
Dany Boon

En somme, 8 rue de l’humanité c’est le film à voir pour les jaloux de la tranquillité et du confinement, qui mélange humour, profondeur et poétique sur Netflix. Pour les non-abonnés, ne vous inquiétez pas il sort dans un an « sur une grande chaine hertzienne » promet Dany Boon !

