Venus de Milo - ©Cait-Scott/Unsplash

La Malédiction d’Hélios, ou l’art de se mêler de ses affaires

Bienvenue à cette nouvelle étude d’un mythe grec ! Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un Dieu emblématique : Helios. On le reconnaît à sa couronne rayonnante et à son char doré traversant le ciel chaque jour. Mais saviez-vous qu’il a été victime d’une malédiction ?


"Les amours de Pasiphaé", tableau disponible dans le musée Moreau, ©Gustave Moreau - Domaine Public
« Les amours de Pasiphaé », tableau disponible dans le musée Moreau, ©Gustave Moreau – Licence Creative Commons CC0 : don universel au domaine public

Un amour interdit pour commencer…

Pasiphaé, fille d’Hélios, mariée à Minos, est un jour tombée amoureuse d’un des taureaux blancs de Poséidon. Ce dernier avait envoyé à Minos ce taureau afin de le sacrifier, mais Minos a refusé, persuadé de sa valeur monétaire. Ainsi, Poséidon obligea sa femme Pasiphaé à accoucher d’un enfant hybride, mi-homme, mi-taureau. Il s’agit d’une autre explication possible pour ce mythe… On connaît bien la suite de l’histoire, et de tout cela est né le fameux Minotaure (son histoire sera traitée plus précisément dans un prochain article) ! 

Les problèmes continuent…

Deuxième phénomène : Phèdre. Fille de Pasiphaé, petite fille d’Hélios. C’est l’héroïne tragique par excellence, on la connaît surtout grâce à la pièce de Racine, parue en 1677, qui met en lumière son histoire. Quelle est sa particularité ? Elle est tombée amoureuse de son beau-fils, Hippolyte. Encore un amour hors-norme, et bizarrement irrévocable…

Alors quelle est la particularité des situations que subissent la fille et la petite fille d’Hélios ? Elles concernent l’amour, et plus particulièrement, l’amour impossible. Et qui est la déesse de l’amour? Evidemment, Aphrodite ! Mais pourquoi cette dernière aurait-elle maudit la descendance d’Helios ? Revenons quelques années en arrière…

Catherine-Joséphine Duchesnois (1777-1835), tragédienne française, en Phèdre de Racine - ©Auteur inconnu -  licence Creative Commons CC0 don universel au domaine public
Catherine-Joséphine Duchesnois (1777-1835), tragédienne française, en Phèdre de Racine – ©Auteur inconnu – Licence Creative Commons CC0 : don universel au domaine public
Tableau d'Héphaïstos forgeant la foudre de Zeus, disponible au musée du Prado - ©Rubens
Tableau d’Héphaïstos forgeant la foudre de Zeus, disponible au musée du Prado – ©Rubens

Leçon de drague chez les dieux

Commençons par Héphaïstos. C’est le Dieu de la forge, du feu, des volcans et du fer. Cependant, il est d’une laideur incommensurable, et sa propre mère, Héra, l’a banni de l’Olympe à sa naissance. Il est alors élevé par des nymphes qui lui apprennent l’artisanat. Cependant, il grandit avec beaucoup de rancœur, et prépare une vengeance : il piège sa mère sur un trône ensorcelé dont il est le seul à avoir la clé. Le prix de sa libération est clair : il s’agit de la main d’Aphrodite, l’une de ses filles avec Zeus. Ces derniers n’ont d’autres choix que de céder.


Arès et Aphrodite tranquillement posés – © Auteur inconnu, statut en bronze

Le Beau-gosse et la bête : le choix est vite fait !

Aphrodite est la déesse de la beauté, de l’amour, de la sensualité, etc… Elle est évidemment la plus belle de toutes les déesses, et ne s’en cache pas. C’est un personnage vaniteux mais très puissant, et qui aime jouer de son charme. Elle se retrouve mariée au personnage de plus repoussant de l’Olympe, sans avoir eu son mot à dire. Elle décide alors de prendre un amant, le plus beau des Dieux : Arès, dieu de la guerre offensive et de la destruction. Ce dernier était fou amoureux d’Aphrodite, et ne manquait pas de la couvrir de cadeaux et en attentions, de quoi la consoler de ce mariage catastrophique. 

De l’art de cafter

Cependant, Hélios, Dieu du soleil, voit tout lorsqu’il survole l’Olympe, et un beau matin, après qu’Alectryon, l’ami d’Arès qui devait monter la garde, se soit endormi, il surprit les amants dans le lit matrimonial. Choqué de cette liaison formelle, interdites à l’Olympe, il court prévenir Héphaïstos. (Sur l’Olympe, il était permis de tromper son mari/sa femme avec qui l’on veut, mais le fait d’avoir un seul amant, c’est à dire une « liaison formelle », était interdit).

Ce dernier, fou de rage, enferma les amants, nus, dans un filet d’or incassable et invita tous les Dieux de l’Olympe à se moquer, ce qui dura plusieurs jours. Au bout de ces derniers, le couple fut relâché mais contraint de ne jamais se revoir. Ils décident de désobéir à la règle et ont tout de même sept enfants ensemble, notamment Eros, Dieu de l’amour romantique. 

Aphrodite est rancunière, et cette humiliation a nourri une idée de vengeance. Elle décide de maudir Helios, et toute sa descendance, les condamnant à des amours impossibles. 

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Et voilà, l’histoire de la malédiction d’Hélios (simplifiée). Rendez-vous très vite pour une nouvelle étude d’un mythe grec !

Image mise en avant : Venus de Milo – ©Cait-Scott/Unsplash

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